Maurycy Trębacz

2 mars 1861, Varsovie – 29 janvier 1941, ghetto de Łódź (Litzmannstadt Ghetto).


Représentant du courant académique et réaliste en peinture. L’un des peintres polonais d’origine juive les plus populaires et les plus reconnus par la critique au tournant des XIXe et XXe siècles. Il a connu le succès lors d’expositions, en Pologne et à l’étranger.

 

Il est né à Varsovie dans une famille juive, fils de David, peintre en bâtiment. Son frère cadet, Bernard, est également devenu peintre. Dès sa plus tendre enfance, il a fait preuve de talents artistiques. À l’âge de 16 ans, il a été admis dans la classe de dessin, dirigée par des peintres et des pédagogues de renom de l’époque. En 1880, grâce au soutien du peintre Leopold Horowitz, il obtint une bourse de deux ans pour étudier à l’École des Beaux-Arts de Cracovie, notamment auprès de Jan Matejko. De 1882 à 1884, il étudia à l’Académie royale des Beaux-Arts de Munich. Il termina ses études en recevant une médaille d’argent pour son tableau intitulé « La Martyrologie ». Il a ensuite complété ses études pendant un an à l’Académie Colarossi, à Paris, où il a peint « La Convalescente », tableau pour lequel il a reçu une médaille de bronze à l’Exposition universelle de Paris (1889), souvent reproduit dans le monde entier. Lors de l’Exposition nationale générale de Lviv, en 1894, il reçut une médaille de bronze pour son tableau « Pensées mélancoliques ».

 

Le tableau « Le Bon Samaritain », datant de 1886, connut un grand succès ; il lui valut une médaille d’or à l’Exposition universelle de Chicago (1893), et fut également exposé au Kunstverein (Association artistique) de Munich, à la 1re Exposition nationale d’art de Cracovie et à la Société pour l’encouragement des beaux-arts de Varsovie.

 

À la fin des années 1890, Trzembacz ne participait plus aux expositions à l'étranger. Pendant l'entre-deux-guerres, il peignit de nombreux paysages sentimentaux, des portraits, des scènes de boudoir et des natures mortes. Parallèlement à cette production commerciale, il réalisait toutefois des œuvres plus ambitieuses, illustrant le destin du peuple juif et des scènes tirées de l’art, de la vie religieuse et des mœurs des Juifs, comme le triptyque « Israël » ou le tableau « Jankiel le musicien » (« Le concert de Jankiel »). Trębacz était un peintre très prolifique. Il a réalisé plusieurs centaines de tableaux. Pendant plus de 60 ans de carrière, il est resté fidèle à la thématique du XIX^e siècle, et la forme de ses œuvres n’a que très peu évolué.

 

L’artiste a vécu à Paris, Munich, Varsovie, Lviv et Drohobych. Il s’est installé définitivement à Łódź, où il a dirigé, jusqu’en septembre 1939, une école privée de dessin et de peinture.

 

Peu de ses œuvres ont survécu jusqu’à nos jours. Celles pour lesquelles il avait été récompensé n’ont pas été préservées. Elles ont probablement été détruites pendant la Seconde Guerre mondiale. L’album de l’artiste (conservé dans les collections de l’Institut historique juif de Varsovie) a toutefois été préservé ; il contient des photographies de nombreuses œuvres du peintre. Maurycy Trębacz, qui connaissait bien les coutumes et la religion juives, a laissé, dans ses tableaux représentant la vie quotidienne et ordinaire des Juifs, un témoignage de la culture juive. C’est grâce à l’influence des Lumières juives, à la sécularisation générale et à l’assimilation, que nous lui devons son apparition dans le milieu artistique polonais.

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se retrouva, avec sa famille – sa femme Pola, sa fille Zofia et son fils Bronisław –, comme d’autres Juifs de Łódź, dans le ghetto créé en février 1940. Peu à peu, celui-ci devint le ghetto le plus isolé et le plus inaccessible de la Pologne occupée, voire de toute l’Europe, et constituait, pour les Allemands, un immense camp de travail forcé. Sur les quelque 200 000 Juifs déportés dans le ghetto de Łódź, environ un millier de personnes issues du « commando d’ordre » vécurent jusqu’à la libération, le 19 janvier 1945.

 

Maurycy Trębacz est mort de faim et d’épuisement dans le ghetto de Łódź, le 29 janvier 1941. Il a été inhumé au cimetière juif de Łódź, rue Bracka.

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