Paula Grünfeld

1885 – mars 1943, Auschwitz


Elle faisait partie du cercle des artistes de l’Académie des Beaux-Arts de Breslau (Breslauer Kunstakademie). Son style était qualifié de « féerique ». Reconnue par la critique de l’époque – comme l’une des deux seules femmes –, elle a eu droit à une notice biographique dans un ouvrage publié par l’Union des Artistes de Silésie. Elle a trouvé la mort à Auschwitz où elle avait été déportée depuis Breslau en mars 1943.

 

Paula Grünfeld faisait partie du cercle des artistes de l’Académie des Beaux-Arts de Breslau (Breslauer Kunstakademie). Elle avait commencé ses études après la fin de la Première Guerre mondiale dans l’atelier d’Oskar Moll. L’artiste était très active : elle participait à presque toutes les présentations de jeunes artistes à Breslau, était membre de l’Union des Artistes de Silésie (Künstlerbund Schlesien) et co-organisait elle-même des expositions locales, notamment l’exposition « Jeune Silésie » (Junge Schlesien) en 1925. Elle faisait partie du Groupe 1922 (Die Gruppe 1922), dont les idéaux s’inspiraient de ceux du groupe expressionniste Die Brücke. Malgré ses liens avec l’atelier d’Oskar Moll, elle était considérée comme une autodidacte, qui avait développé son œuvre de manière très personnelle. Bien que stylistiquement liée au réalisme expressionniste, ses œuvres, en particulier certains portraits, se caractérisent par des déformations, un déséquilibre de la statique des objets, et une perspective perturbée. Son style était décrit comme féerique, quelque peu irréel, et dans les critiques les plus audacieuses, son œuvre était comparée à la manière de peindre d’Alexandre Jawlensky, de Pablo Picasso, voire d’Henri Matisse. Reconnue par la critique de l’époque, elle fut l’une des deux seules femmes à faire l’objet d’une notice biographique dans un ouvrage publié par l’Union des Artistes de Silésie.

 

Bien qu’on ne connaisse pas d’œuvres de son cru sur le thème juif, elle figurait – notamment dans les années 1930 – dans des expositions réunissant des artistes juifs, aux côtés d’autres créateurs et créatrices de Wrocław : Isidor Aschheim, Heinrich Tischler, Käthe Ephraim-Marcus, Ludwig Meidner, Eugen Spiro, Willi Braun et Siegfried Laboschin. La popularité de Grünfeld et sa position exceptionnelle au sein de la communauté sont confirmées par le fait que la presse juive de Wrocław annonçait la possibilité de visiter son atelier, situé au 22 Nikolaistadtgraben (aujourd’hui Podwale), ce à quoi les lecteurs et lectrices étaient encouragés. Son atelier était qualifié de « laboratoire de natures mortes », car la peintre savait conférer aux objets ordinaires une harmonie de formes et de couleurs.

 

Elle a péri à Auschwitz, où elle a été déportée depuis Breslau, en mars 1943. Ses œuvres, dont il ne reste que quelques traces, sont principalement connues grâce aux reproductions en noir et blanc, publiées dans la presse d’avant-guerre. L’un de ses tableaux, appartenant à la Galerie nationale de Berlin (Nationalgalerie), a été confisqué en 1937 au titre d’« art dégénéré », et on ignore ce qu’il est advenu de lui, tout comme de deux autres tableaux provenant des collections du Musée du Château de Breslau.

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